Être narcissique signifie dans notre culture ne penser qu’à soi, avoir un égocentrisme démesuré, être à la recherche excessive d’admiration et insensible aux sentiments ou aux besoins d’autrui, l’autre n’étant pas reconnu en tant que tel. La personne narcissique se montre souvent intransigeante et méprisante envers son entourage et peut l’exploiter, utiliser autrui pour arriver à ses propres fins…
Néanmoins cela ne signifie pas que les personnes narcissiques s’aiment trop, de manière inconditionnelle, qu’elles ont particulièrement confiance en elles mais plutôt qu’elles souffrent de ne pas s’aimer suffisamment. Très vulnérables, elles sont facilement remises en cause par autrui lequel est alors vécu comme fort et hostile. Les personnes décrites comme narcissiques ont tellement peur de ne pas exister qu’elles occupent toute la place, sont si persuadées de n’avoir aucune valeur qu’elles s’accaparent celles des autres, se sentent si fragiles par rapport aux autres qu’elles les détruisent pour se protéger.
Aussi dans cette présentation F. Midal nous explique comment le terme “narcissique” tel qu’il est habituellement employé et compris dans notre culture est un véritable contre sens qu’il est important de saisir afin de ne pas avoir honte de s’aimer ni culpabiliser lorsque l’on agit pour son bien être intérieur. IL défend l’idée de la nécessité d’avoir de la compassion pour soi même et de s’aimer afin d’être en paix avec soi même et d’établir des relations enrichissantes avec autrui. Ainsi être narcissique signifie reconnaître et écouter ses besoins profonds, se donner les moyens de se réaliser, s’autoriser à être soi et non pas redouter ou fuir la confrontation avec soi même.
Le narcissique ce n’est ni de la vanité – être en représentation de soi même à la recherche d’un idéal inaccessible – ni de la perversion – détruire ce qui me remet en cause – mais la possibilité de s’accepter et de s’aimer tel que l’on est.